27 avril 2008
UN OUVRAGE DE RÉFÉRENCE : SINO-VIETNAMESE PORCELAINS IN THE NGUYEN PERIOD PAR TRAN DUC ANH SON.
Le terme « Bleu de Huê » a été inventé par Louis Chochod en 1909 pour désigner les porcelaines à décor peint en bleu de cobalt sous couverte qu'il découvrait à Huê. « Il existe deux catégories de porcelaines appelées « bleu de Hué ». Les premières sont fabriquées dans les environs de la capitale de l'Annam durant la période de 1802 à 1884. Et les secondes sont des pièces de porcelaines réalisées en Chine avant d'être importées au Vietnam » (CHOCHOD Louis, 1943, Hué la Mystérieuse, Paris, p. 241).
Devenu générique, ce vocable sert à dénommer en Occident les porcelaines chinoises « bleu et blanc » importées au Vietnam (et non seulement à Huê) entre le XVIIIe et le XXe siècle.
En l'état actuel des recherches, ce terme et devenu impropre. Tout d'abord, ces porcelaines ne furent jamais fabriquées à Huê ni dans une quelconque manufacture vietnamienne. De plus, il existe plusieurs commandes successives :
- les premières porcelaines chinoises furent commandées au XVIIIe siècle par les seigneurs Trinh qui gouvernaient le Nord Vietnam au nom des rois Lê pour leur résidence de Thang Long (Hanoi) ;
- les secondes furent commandées par les seigneurs Trinh pour les souverains Lê (bien que je ne partage pas cette opinion avancée par certains collectionneurs vietnamiens) ;
- les troisièmes porcelaines furent commandées par le seigneur Nguyên Phuc Chu (1691-1725) qui gouverna le Centre et le Sud Vietnam pour sa résidence à Phu Xuân ;
- les quatrièmes par les rois Tây Son (1778-1802) et, en particulier Quang Trung (1788-1792) pour leur palais de Phu Xuân ;
- et enfin les dernières par les empereurs Nguyên (1802-1945) pour la Cité Impériale de Huê.
Dans ce cas, l'expression « Bleu de Huê » ne pouvait convenir à la limite à cette dernière catégorie. Sans oublier que durant cette période, toutes ces porcelaines n'étaient pas toutes destinées au Palais de Huê. Les commanditaires pouvaient être des ambassadeurs vietnamiens porteurs de tributs à Beijing, des mandarins en mission en Chine (dont le plus connu est Dang Huy Tru), les marchands chinois ou vietnamiens installés dans le Nord (d'où les marques Ha Noi quang ky phat thuc et Ha Noi ky xuong), dans le Centre ou le Sud Vietnam.
Toutes ces questions sont abordées et discutées dans les premiers chapitres. La seconde partie est réservée à l'étude des porcelaines datant des Nguyên. L'auteur limite volontairement son étude qu'aux pièces :
- portant les marques impériales (Gia Long, Minh Mang, Thiêu Tri, Tu Duc, Khai Dinh), la marque assimilée impériale (nhut), les années d'ambassade, de Dang Huy Tru ;
- à décor de paysages vietnamiens comme la montagne de Hai Van, Thuy Van, Tam Thai, le marché de Thuan Hoa, la pagode de Thien Mu, etc. ;
- munies de poèmes en nôm (écriture sino-vietnamienne) ou chinois dont les auteurs sont Vietnamiens comme Nguyên Phuc Chu, Dao Duy Tu, Thiêu Tri, Tu Duc, etc. ;
- à motifs inconnus en Chine.
A ce titre, il propose de nommer ces « Bleu de Huê » par « porcelaines (chinoise) d'après modèle », réalisées suivant les cartons exécutés au Vietnam.
Il dresse un inventaire exhaustif des différentes pièces, de ses formes, de ses décors et, en particulier, des poèmes, sujet rarement abordé en Occident.
L'auteur, Tran Duc Anh Son, l'actuel directeur de la Faculté des Etudes Vietnamiennes (Université Phan Chau Trinh, Hôi An), était pendant longtemps directeur du Musée de Huê. Il nous livre un texte remarquable, parfaitement documenté, rédigé à partir de sa thèse de doctorat (doctorat présenté à l'Université Nationale de Hanoi en 2002 et récompensé en 2003 du second prix par l'Association des Historiens et Scientifiques du Vietnam) et amélioré après des années de recherches et d'échanges.
Je ne saurai trop conseiller aux amateurs l'acquisition de ce véritable ouvrage de référence, rédigé en vietnamien et anglais et richement illustré (147 photos et 38 dessins). Philippe Truong
Tran Duc Anh Son - "Do su ky kiêu thoi Nguyên (Sino-Vietnamese porcelains in the Nguyen period))" - Ouvrage bilingue (Vietnamien et Anglais) - Format 19 x 27 cm - 298 pages, 147 photos et 38 dessins. Prix : 30 US$
Pour acquérir ce livre, contacter directement l'auteur au tranducas@yahoo.com
22 avril 2008
LES TROIS KIM KHANH DE LA VENTE CHASSAING
Trois kim khanh ont été vendus lors de la vente Chassaing datée du 01 avril 2008.
1. n° 222 - ANNAM. Ordre du Kim-Khanh, de première classe (décerné à un mandarin vietnamien),
Thanh Thai (1889-1907)
Insigne en or pâle bas-titre, avec passementerie,
Vendu : 500 €
Il s'agit d'un « kim khanh de première classe » (et non de « 2eme classe » comme indiqué sur le catalogue) décerné à un mandarin vietnamien et datant du règne de l'empereur Thành Thai (1889-1907) comme en témoigne la mention Thành Thai sắc tứ (« décerné par l'empereur Thanh Thai »).
Il porte au revers les caractères báo nghĩa thù huân 報義酬勳 ("Témoigner de la reconnaissance et rendre les bienfaits").
2. n° 217 - ANNAM. Ordre du Kim-Khanh, troisième classe (décerné à un mandarin vietnamien),
Thanh Thai (1889-1907)
Insigne en métal doré avec passementerie.
Vendu : 820 €
Il s'agit d'un « kim khanh de troisième classe » décerné à un mandarin vietnamien et datant du règne de l'empereur Thành Thai (1889-1907) comme en témoigne la mention Thành Thai sắc tứ (« décerné par l'empereur Thanh Thai »).
Il porte au revers les quatre caractères Lao năng khả tưởng 勞能可槳 ("Son travail et son talent méritent des louanges").
3. n° 221 - ANNAM. Ordre du Kim-Khanh, second classe (décerné à un étranger),
Khai Dinh (1916-1925)
Insigne en métal doré avec Tien, perles et passementerie.
Vendu : 460 €
Il s'agit d'un « kim khanh de seconde classe » décerné aux étrangers. A l'inverse des kim khanh réservés aux Vietnamiens, le nom du souverain n'apparaît jamais sur l'avers et fut remplacé par Đại Nam Hoàng đế sắc tử ("décerné par l'empereur d'Annam"). Le revers porte l'inscrition Nhị hạng Kim Khánh ("Kim khanh seconde classe").
Une pièce, tiên, est suspendu en dessous du kim khanh. Sur son revers, figure l'inscription Khai Dinh Thông buu.
19 avril 2008
Nguyên Huu Châu Phan, un bibliophile de Huê
Passionné de vieux livres, Nguyên Huu Châu Phan, ancien professeur d'histoire du lycée Hai Bà Trung de Huê, en possède plus de 10.000.
Située au 18, rue Nguyên Huê, dans la ville de Huê, province de Thua Thiên-Huê (Centre), la maison de Nguyên Huu Dinh, ancien président du Front de la Patrie de l'ancienne capitale impériale, est un repère de bibliophiles. Considérée comme une des plus belles maisons de la ville, sa demeure possède 2 étages, entourée d'un jardin de 1.000 m2. Mais son véritable trésor est à l'intérieur, une grande bibliothèque.
Le rêve de son père
Alors qu'il était étudiant à l'École supérieure d'agriculture et de sylviculture de Hanoi, Nguyên Huu Dinh, le père de Nguyên Huu Châu Phan, se passionnait pour les collections de beaux livres, aussi bien ceux traitant d'arts que de littérature ou histoire. Il dépensait tout son argent pour assouvir sa passion. Plus tard inspecteur général du secteur hydro-sylvicole puis directeur de l'ancien Service hydro-sylvicole du Centre et recteur de l'École supérieure de sylviculture de Huê (actuellement l'Université d'agriculture et de sylviculture de Huê), il ne se défait jamais de son amour pour les livres. Ainsi, entre 1971 et 1975, lui et son fils, Nguyên Huu Châu Phan, participaient à la création de la maison d'édition Sùng Chinh, spécialisée dans l'impression des manuels scolaires et des livres littéraires. Légué par son père, M. Phan a été contaminé par le virus du bouquineur, au point qu'aujourd'hui la bibliothèque familiale recense environ 10.000 ouvrages.
Une valeur inestimable
M. Phan utilise 2 pièces de son 2e étage pour sa salle d'étude et sa bibliothèque. Cette dernière est divisée en 3 catégories : 2.500 ouvrages sur la sylviculture, 250 sur les beaux-arts et le reste sur l'histoire et la littérature.
"Les ouvrages de sylviculture sont rares, la plupart étant imprimée à l'étranger. Ils sont particulièrement nécessaires pour les recherches. Par exemple, les 4 tomes du +Dictionnaire des végétaux du monde+, parus en 1892 à Paris, nous sont très utiles", raconte M. Phan. Il dispose aussi de 70 sur un total de 120 exemplaires originaux des Amis de Huê, un ensemble d'études sur la ville effectuées par des Français de 1914 à 1944. Ces oeuvres abordent les questions historiques et culturelles de l'ancienne capitale impériale. Un des exemplaires est consacré à un poème du roi Minh Mang (1820-1841) sur le paysage de la commune de Thuân An, district de Phu Vang. Ces oeuvres ont été traduites en vietnamien et enregistrées en CD.
M. Phan apprécie particulièrement Le royaume d'Annam et les Annamites de Dutreuil de Rhins, publié en 1879 à Paris, lequel porte sur la vie des Huéens de l'époque. Y est introduite une carte de Thua Thiên-Huê et de la cité impériale de Huê depuis la colline Vong Canh.
Les livres sur les beaux-arts sont aussi un autre aspect de ses goûts. Il possède Larta Huê, publié en 1919, qui traite de la sculpture et des motifs décoratifs du palais royal de Huê. Certains sont des manuels de référence indispensables aux enseignants et étudiants des écoles des beaux-arts comme Histoire de la peinture contemporaine, de Picasso au surréalisme, Histoire des beaux-arts contemporains de Baudelairet à Bonnard, Les beaux-arts de Huê de L. Cardière, publié en 1919, et Histoire des beaux-arts français et chinois, imprimés en Suisse en 1964, ces 2 derniers coûtaient 500 dollars la pièce.
M. Phan lutte actuellement contre un cancer de l'estomac. Néanmoins, il est à la disposition des lecteurs qui peuvent venir travailler gratuitement dans sa bibliothèque 3 fois par semaine (tous les lundis, mercredis et vendredis). Avec son ordinateur, il continue d'imprimer l'ouvrage Tourisme de Dàng trong 1972-1973 de Trân Anh Tuân, un livre très recherché par bon nombre de lecteurs qu'il ne possède pas. Pour les satisfaire, il a dû contacter des chercheurs et amis à l'étranger qui en scannent des passages envoyés par courriel. M. Phan les rassemble en une collection pour aider les lecteurs dans leur consultation de cette référence. En fait, si quelqu'un a besoin de n'importe quel document ou livre, il lui suffit de solliciter l'aide de M. Phan qui les satisfait dans la mesure du possible.
Par internet, le chercheur Nguyên Thê Anh, ancien recteur de l'Institut universitaire de Huê, Nguyên Duy Chinh et Nguyên Si Hai lui envoient par courriel de vieux livres publiés au 17e siècle, dont des documents publié au 19e siècle sur l'organisation du pouvoir central sous la dynastie des Nguyên (1802-1807), les mouvement Duy Tân (réforme), Dông Du (faire les études au Japon), Cân Vuong...
Plusieurs chercheurs vietnamiens et étrangers venant travailler à Huê font de la salle d'étude de M. Phan un passage obligatoire. "C'est un pont de connaissances jeté entre le passé et le présent", souligne Virginajing Yishih de la bibliothèque de l'Université de Californie (États-Unis). Giang Ngân/CVN
09 avril 2008
A Washington, le 16 mai 2008
| DATES to REMEMBER THE ELEPHANT and the LOTUS MAY 16, 2008 |
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Lecture and Booksigning by Phillippe Truong with his new book: The Elephant and the Lotus: Vietnamese Ceramics in the Museum of Fine Arts, Boston. Not to be missed opportunity to learn about Asian decorative arts. A GB Exclusive. He'll be coming to GB from his hometown, Paris France.
Introduction by John Stevenson. Text by Philippe Truong.
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Galerie Brigitte | 11411 Sunset Hills Road | Reston | VA | 20190 |

































