Tunicelle des mandarins du 1er et 2e degréTunicelle des mandarins du 1er et 2e degré (Musée de Huê, Huê).

En dehors de la robe de cérémonie (bài), lors des audiences solennelles, les mandarins devait revêtir en dessous de cette dernière, une tunicelle dite thường. Comme pour les tuniques, l’édit de la 5e année de Thiêu Tri (1845) avait règlementé sur leur usage.

Toutes les tunicelles ont été réalisées en crêpe de soie dite lương sa (« crêpe léger ») à l’exception de celles des mandarins civils de 6e degré qui étaient en soie dite tô sa. La partie inférieure était brochée de fleurs formées de fils de cinq couleurs (ngũ thể), avec mélange de fils d’or. A droite et à gauche figurent dans une réserve ronde un animal symbolique, insigne du rang des mandarins.

Ainsi, les mandarins civils et militaires des deux premiers degrés recevaient une tunicelle de couleur rouge, portant de chaque côté deux grues dites tiên hạc (« grues des immortels ») pour les civils, pour les militaires de 1er degré deux qilin (kỳ lân) et ceux de 2e degré de deux bạch trạch, sorte de qilin.

Tunicelle des mandarins du 3e degréTunicelle des mandarins du 3e degré (Musée de Huê, Huê).

La tunicelle des mandarins civils et militaire du 3e degré est de couleur rouge ponceau (xích), à motif de cẩm kê (espèce d’argus) pour les civils et un lion (sư tử) pour les militaires ; celle des mandarins civils du 4e degré de couleur bleu foncé (bữu lam) dont l’animal symbolique est un paon (khổng tước) ; et celle des civils de 5e et 6e degré était de couleur « vert mandarinal » (quan lục) avec comme animal un oie (vân nhạn) pour le 5e degré et un faisan blanc (bạch nhàn) pour le 6e degré.

En ce qui concerne les animaux symboliques reproduisant sur les pectoraux des mandarins civils et militaires, ils feront l’objet de la prochaine étude consacré aux costumes des audiences ordinaires des mandarins sous la dynastie des Nguyên.

Philippe Truong