Les Carnets de Philippe Truong

"Celui qui sait une chose ne vaut pas celui qui l'aime. Celui qui aime une chose ne vaut pas celui qui en fait sa joie" (Confucius)

01 novembre 2007

Restauration de la plus vieille maison communale du Vietnam à Hà Tây

La province de Hà Tây (Nord) a récemment commencé la restauration de la plus ancienne maison communale du pays. Construite au 16e siècle, la maison communale de Thuy Phiêu, dans la commune de Thuy An, district de Ba Vi, sera rénovée pendant un an. Coût des travaux: 7 milliards de dôngs. Cette maison communale est dédiée au culte de Tan Viên, un des 4 génies les plus puissants de la mythologie vietnamienne. (CVN)

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Je recommande "Le Dinh, maison communale du Viêt Nam" sous la direction de Hà Van Tân / Nguyên Van Ku, Editions Thê Gioi / Ecole française d’Extrême-Orient.

La première édition de ce livre a été publié en vietnamien et en anglais sous le titre "Dinh Viêt Nam, Community Hall in Vietnam, NXB. TP Hô Chi Minh, 1998 "
Traductions : Tran Son Mach, Philippe Papin, Philippe Le Failler
Photographies : Nguyên Van Ku, Nguyen Thanh Liêm

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28 octobre 2007

Un document concernant l'ambassade de Phan Thanh Gian à Paris (1863)

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Récemment, sur ebay.france, un document concernant l'ambassade de Phan Thanh Gian en France (10 septembre 1863 - 12 novembre 1863) fut mis en vente. Il fut acquis pour la somme de cent soixante trois euros (hors frais) par un collectionneur privé. Ce document sur un papier à en-tête de la Maison de l'Empereur, Cabinet du Grand Maître des Cérémonies, porte une inscription manuscrite : « Reçu une lettre de Son Excellence le grand maître de Cérémonie de l'Empereur / le 1er ambassadeur de S.M. le roi d'annam » et la signature manuscrite de Phan Thanh Gian (1796-1867), 潘清簡.

L'empereur Tu Duc (1848-1883) fit partir une ambassade en France officiellement pour présenter ses félicitations et ses présents à l'empereur Napoléon III, en remerciement de ceux qu'avait reçus l'empereur d'Annam à l'occasion du traité de 5 juin 18621. Mais le but réel de cette mission était de négocier le rachat les trois provinces perdues. Elle est placée sous le commandement de Phan Thanh Gian, le négociateur du traité de Saigon de 1862, assisté de Pham Phu Thu et Nguyên Khac Dan. L'ambassade quitta Saigon le 4 juillet 1863 sur un bateau de guerre français pour atteindre Suez le 17 août où elle embarqua sur le Labrador pour gagner Toulon le 10 septembre. Elle arriva à Paris le 13 septembre où elle fut reçue par monsieur Feuillet de Conches au nom de l'Empereur qui était en villégiature à Biarritz.

En attendant, monsieur Aubanet fut chargé de promener l'ambassade et de lui dévoiler les principaux sites touristiques et industriels (manufactures des Gobelins, de Sèvres, d'armes) de Paris. Sur la demande de l'empereur, Jacques-Philippe Potteau fut désigné pour photographier la mission. Lors de la première séance (20 septembre 1863), il réalisa deux portraits de Phan Thanh Gian et de ses deux assesseurs, Pham Phu Thu et Nguyên Khac Dan.

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Peu de temps après, des négociations furent entamées entre les ministères des Finances et des Affaires Etrangères et l'ambassadeur Phan Thanh Gian. L'Annam proposait de racheter les trois provinces (à l'exception de Saigon laissée à la France) pour la somme de 85 millions de francs. Cet accord divisa le gouvernement.

Dans le Journal de l'Ambassade, rédigé par Pham Phu Thu sous la direction de Phan Thanh Gian, il est noté  que : « Le 20e jour (1er novembre 1863) il plut. A l'heure vị (de1 à 3 heures du soir), M. Cam-ba-xa-lê gio, ministre des Rites français [NdA : il s'agit du cabinet du grand maître de Cérémonie], nous fit porter une lettre officielle dans laquelle il était dit ceci : « A l'heure vị (de 1 à 3 heures du soir) du 24e jour, il viendrait nous prendre, et au milieu de la même heure vị, nous nous présenterions à la Cour royale de France. » Peu après, M. Ha-ba-ly [NdA : il s'agit de M. Aubaret, capitaine de frégate, délégué des Affaires Etrangères, qui servit d'interprète durant le séjour de la mission en France.] nous apporta trois cartes de visite et nous dit que le ministre des Rites faisait transmettre ses compliments à nous trois. A la nuit tombante, il revint et prit de nous trois cartes de visite en réponse aux compliments du ministre »2. La document vendu sur ebay est certainement la reconnaissance signé par Phan Thanh Gian, le 1er novembre 1863 et que Pham Phu Thu évoque ci-dessus. Le grand maître des Cérémonies fit porter plusieurs autres missives à Phan Thanh Gian par un intermédiaire. Dans ce cas, le premier ambassadeur ne fut guère présent et les cartes ou lettres étaient déposées.

La réception des ambassadeurs d'Annam eut lieu le 7 novembre 1863 en audience publique (après le retour de l'impératrice Eugénie d'Espagne où elle rendait visite à sa famille). La vieille dans son discours à la session législative, l'empereur déclara : « Nous avons conquis en Cochinchine une position qui, sans nous astreindre aux difficultés du gouvernement local mais permettra d'exploiter les ressources immenses de ces contrées et de les civiliser par le commerce ». De plus, l'empereur comptait sur les 85 millions promis par le souverain d'Annam pour compenser le déficit de 972 millions de francs. Après la réception, les négociations officielles débutèrent. Le Moniteur universel du 12 novembre annonca que le traité du 5 juin 1862 allait être remanié.

Ainsi, l'ambassade de Phan Thanh Gian en France fut une réussite. M. Aubanet vint à la Cour de Huê pour négocier le traité qui n'aboutit pas.

Notes :

1. Par ce traité, l'Annam céda à la France les trois provinces limitrophes de Saigon, les îles de Poulo Condor, accordant aux missionnaires catholiques la liberté du culte, ouvrit trois ports aux commerces européens.

2. Phan Thanh Gian, Pham Phu Thu (trad. Trân Xuân Toan), « L'ambassade de Phan Thanh Gian, 1863-1864 », Bulletin des Amis du Vieux Huê, 1921, n°1-4, pp. 266-267.

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07 mai 2006

Le bouddhisme au Vietnam

pagode_pilier_uniqueLe bouddhisme marqua profondément le Vietnam de son empreinte. Cette religion fut introduite au pays dès le premier siècle de notre ère par des bronzes indiens ayant empruntés la route maritime, puis par des réfugiés bouddhiques chinois, fuyant la répression après le décès de l'empereur Ling en 189. Dès le IIIe siècle, plusieurs moines prêchèrent les paroles de Bouddha dans le Giao Chau1 : le Sogdien Kang Senghui, issu d'une famille de négociant installée au Giao Chau, qui se rendit au royaume Wu pour convertir l'empereur Dadi (229-252) vers 247 ; l'Indo-scythe Kalyânaruci qui traduisit entre 225 et 256 le Fa hua sanmeijing ; l'Indien Mârajîvaka qui aborda les côtes vers 294 en provenance du Funan, avant de se rendre au Canton. D'après le Thiên uyên tâp anh ngu luc, "Chronique des Religieux éminent du jardin du dhyâna" (XIVe siècle), rapporte que l'empereur Gaodi (479-483) des Qi voulut envoyer des missionnaires bouddhiques au Giao Chau, le bronze Dam Thiên lui répondit qu'avant même que cette religion ne parvienne au Guangdong, Luy Lâu (Thuân Thanh, Ha Bac), alors capitale du Giao Chau, possédait déjà plus de vingt pagodes où exerçaient plus de cinq cent moines qui traduisirent quinze textes canoniques. Le bouddhisme reçut un accueil favorable de la part du peuple souffrant de l'occupation chinoise. L'école qui s'implanta alors était le Thiên Tông ("dhyâna pur"), dérivé de l'école du dhyâna (chan ou zen). Dans l'école du Mahayana ("Grand Véhicule"), le dhyâna compte parmi les six vertus qui permettent au bodhisattva de devenir bouddha à travers des étapes successives de la méditation, provoquant l'éveil de la connaissance et l'accession au Nirvana. L'école de Thiên Tông, professée par un Indien Vinitaruci à la pagode de chua Dâu (Phap Van, Thuân Thanh, Bac Ninh), en 580, touchait toutes les couches de la population et restait très proche de la culture populaire. Les Sui (581-618) firent de nombreux présents à ces pagodes ; ils ordonnèrent d'élever à côté de la pagode de Phap Van, considéré comme "terre pure" du Giao, le stupa de Hoa Phong pour conserver des reliques de Bouddha. Sous les Tang (618-906), le successeur du vénérable Vinitaruci, le bonze vietnamien Phap Hien avait plus de trois cents disciples dans la région de Tu Son (Bac Ninh). Le Giao Chau bat huyên ky dénombrait alors plus de quatre-vingt huit pagodes, certaines ayant plus d'une centaine de bonzes et possédant de vastes terres et rizières. Des maîtres traversèrent les frontières soit pour se rendre aux Indes soit pour porter les paroles de Bouddha dans les pays limitrophes. Dans les Biographies des moines vénérables de la dynastie des Grands Tang qui ont étudié les sutras bouddhiques des contrées occidentales, composé par Yi Jing (635-713), six notices furent consacrées aux bonzes vietnamiens : Vân Ky, disciple de Hui Neng, introduisit en Chine la traduction du Nirvâna sutra et mourut dans l'actuel Palembang où il prêcha ; Moksadeva arriva au Temple de la Grande Intelligence, via les mers du Sud, pour vénérer les saintes reliques et se recueillir sous l'arbre de Bodhi ; Khuy Sung parvint dans l'Inde centrale en passant par le Ceylan ; Tuê Diêm qui se fixa au Ceylan ; Tri Hanh mourut dans un temple au nord du Ganga ; Dai Thua Dang accompagna Yi Jing dans son pèlerinage en Inde. D'autres comme Duy Giâm et Phung Dinh vinrent prêcher devant le souverain Tang à Chang'an. En 820, le bonze cantonnais Vô Ngôn Thông créa une seconde école Thiên Tông dans la pagode de Kiên So (Phu Dông, Bac Ninh). A la différence de l'école de Vinitaruci, elle recherchait la méditation et l'ascétisme, d'où son autre nom "école de la contemplation du mur" (Quan Bich).

Lorsque le Vietnam acquit son indépendance (968), Dinh Bô Linh, sous le nom de Dinh Tiên Hoang (968-979), créa l'éphémère dynastie des Dinh (968-980). Il favorisa le bouddhisme. Les bonzes, qui formèrent la seule élite intellectuelle, participèrent aux affaires de l'Etat ; Ngô Chan Luu (959-1011) fut élevé par le souverain au titre de Khuong Viêt Dai Su (Grand Maître, Soutien du Pays Viêt). Lê Dai Hanh (981-1005) perpétua la politique des Dinh. Il s'entoura de bonzes comme conseillers politiques et militaires. En 1007, Lê Long Dinh (1005-1009) envoya une mission en Chine pour recueillir les "Neuf Classiques" et les textes de la "Grande Corbeille".

Le pouvoir et les privilèges des bonzes s'accrûrent sous le règne de Ly Thai Tô (1009-1028) qui fut élevé dans un monastère et porté au pouvoir par le bonze Van Hanh. Le bouddhisme fut érigé en religion d'Etat. Le souverain encouragea son peuple à adopter le bouddhisme et même à entrer en religion (décret datant de 1019). Dès 1016, plus d'un millier de personnes furent ordonnées bonzes dans la capitale, Thang Long. Les Annales signalèrent de nombreux souverains Ly (1009-1225) qui devinrent patriarches de sectes bouddhiques : Ly Thai Tông (1028-1054) adepte du secte Thiên Tông, enseigné par Vo Ngô Thông ; Ly Thanh Tông (1054-1072) devint patriarche de l'école Thao Duong2, fondé en 1068 par un moine chinois venu du Champa, où il fut fait prisonnier. Bien que fervent bouddhiste, Ly Thanh Tong avait un esprit oecuménique et tolérant. Il protégea le Confucianisme ainsi que d'autres religions3. Il ne se contenta pas de protéger le culte des esprits, il érigea même ces esprits en protecteur et gardiens du royaume Viet. Dès lors, ces esprits participent à la résistance contre les ennemis4 et à la légitimation la dynastie royale. Ainsi, la conception religieuse des Ly avait un but politique. Cependant, la sincérité de leur foi bouddhiste permit à la population de vivre paisiblement. L'empereur Ly Huê Tông (1210-1224), parvenu à un certain âge, abandonna ses charges pour se retirer dans un monastère. A partir du règne de Ly Cao Tông (1175-1210), la corruption gagna les pagodes, obligeant le souverain d'instaurer un examen pour devenir bonze (1198).

bouddha_de_phat_tichLes souverains Ly couvrirent le pays d'une "robe de temple". Les Annales dénombrent neuf cents cinquante pagodes en 1031. Des pagodes Ly, citons le Quan Thanh (1102, Hanoi) ; la pagode Keo (Thai Binh) ; le stupa de Sung Thiên Diên Linh (chua Doi, Nam Ha) muni "de treize étages pour défier le Ciel et de quarante ouvertures pour recevoir l'air" ; le stûpa de Chuong Son (Nam Ha) avec sa base carrée de dix-huit mètres et sa hauteur atteignat cinquante neuf mètres ; la pagode Giam (Ha Bac) qui s'élevait sur trois niveaux et s'étendait sur 8 400 mètres carrés ; la statue de Maitreya de la pagode Quynh Lâm (Quang Ninh) mesurant vingt mètres de haut. La pagode de Bao Thiên (1056, Hanoi) avec son tour stupa de douze étage (70 mètres) dont les derniers étages sont en bronze, fut classée parmi les Quatre Merveilles des Ly et célébrée par Pham Su Manh (XIVe siècle) comme "l'un des piliers du Ciel, accordant la paix au pays et la stabilité au trône". Le chef-d'oeuvre de l'architecture Ly reste la très symbolique pagode Diên Huu, plus connu sous le nom "Pagode au Pilier Unique", construite en 1049, s'élevant au milieu du lac sur un pilier en bois, telle une fleur de lotus.

Les Trân (1225-1400) continuèrent à favoriser le bouddhisme, accordant de nombreux privilèges aux bonzes (le patriarche Phap Loa de la secte de "Forêt de bambous" reçut deux mille hectares de rizières et un millier de serfs). Trân Thai Tông (1225-1258) voulut séculariser le bouddhisme en lui intégrant des notions de confucianisme et taoïsme. Il théorisa ces idées, en prônant l'harmonie et la complémentarité des trois religions, dans deux ouvrages : Thiên Tông chi nam tu (Boussole de la doctrine du dhyana) et Khoa Hu luc (Livre de la pratique du Vide). Son fils, Thanh Tông (1258-1278), après vingt ans de règne, se retira dans un monastère. Son successeur, Nhân Tông (1278-1293) céda le trône à son fils en 1293 pour se revêtir de la robe de moine. Il prêcha les paroles de Bouddha à travers le pays jusque dans la capitale du Champa. Il créa en 1299 une nouvelle école, Thiên Tông Truc Lâm Yên Tu, Dhyana de la Forêt de Bambous du mont Yên Tu, qui cherche à unifier le bouddhisme thiên, le culte des esprits et le confucianisme. Après son décès, son fils fit ériger le stupa de Phô Minh pour recevoir ses reliques. Les deux patriarches, qui le succédèrent, portèrent cette école à son apogée.

Le bouddhisme s'altéra rapidement au contact du taoïsme et du lamaïsme, gagné par la magie et la sorcellerie, provoquant les critiques des confucéens. Truong Han Siêu s'éleva contre ces bonzes, "escrocs qui avaient perdu toute notion de l'ascétisme bouddhique ne cherchaient qu'à accaparer les beaux jardins, se bâtissaient des résidences dorées, s'entouraient d'une domesticité innombrable... Les gens se faisaient moins par milliers pour manger sans avoir à travailler, pour se vêtir sans avoir à tisser. Ils dupent le peuple, sapent toute moralité, gaspillent les richesses, se répandent partout, suivis d'une foule nombreuse de fidèles, mais bien peu parmi eux ne sont pas de vrais bandits". De plus, la dissension entre les différentes communautés bouddhiques aboutit à une crise profonde. Avec la dynastie des Lê (1428-1789), le bouddhisme fut écarté de la scène politique au détriment du confucianisme. Il restera, cependant, la religion le plus pratiquée au Vietnam.

1 Le Giao Chau est le nom employé par l'administration chinoise pour désigner le Vietnam entre 203 et 679, date à laquelle les Tang le changèrent en An Nam, "Sud Pacifié".

2 Le Thao Duong, mélange de Mahayana et de brahmanisme, fut réservé à l'élite aristocratique. Il fut professé par le moine chinois dans la pagode de Khai Quôc érigé dans la capitale Thang Long.

3 Le culte d'Indra, Thien Vuong, importé du Champa, a été institué à Thang Long en 1057. Les Annales vietnamiennes notent que plusieurs temples, consacrés à ce dieu, furent érigés sous les Ly ainsi que des statues en or d'Indra et Brahma, Phan Vuong, furent coulées en 1016, 1057 et 1134. Annuellement, l'empereur et la cour venaient honorer Indra le deuxième jour avant le nouvel an lunaire.

4 Au cours de la bataille sur le fleuve Nhu Nguyêt (l'actuel song Câu, Ha Bac), voyant le moral de son armée faiblir, le général Ly Thuong Kiêt ordonna à l'un de ses officiers de se cacher dans le temple voisin dédié aux héros nationaux,Truong Hong et Truong Hat (VIe siècle). Imitant la voix de ces génies, il déclama :

" Sur les monts et les fleuves du Sud règne l'Empereur du Sud,

Ainsi en a décidé à jamais le Céleste Livre.

Comment, vous barbares, osez-vous envahir notre sol ?

Vos hordes, sans pitié, seront anéanties !"

Ces paroles "divines" réveillèrent le courage de l'armée vietnamienne et permirent de sauver Thang Long.

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